Dans une ville comme Nice où les restaurants, brunchs et coffee shops se multiplient, se démarquer ne passe plus seulement par la qualité des produits… L’univers d’un lieu, son atmosphère, son identité visuelle et l’expérience qu’il propose jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans la manière dont il est perçu et mémorisé.
À Nice, de nombreux coffee shops ouvrent chaque année, mais ceux qui marquent les esprits sont souvent ceux qui ont su construire une véritable identité de marque, reconnaissable et cohérente.
En tant que brand designer / graphiste à Nice, j’observe avec attention la manière dont certains lieux parviennent à créer un univers fort, à la fois à travers leur identité visuelle, leur concept et l’expérience qu’ils proposent à leurs clients.
C’est exactement ce qui m’a intéressée chez Cà Phê Kem, un coffee shop inspiré de la culture vietnamienne, qui s’est rapidement fait remarquer pour son univers singulier et ses boissons signatures.
Je suis donc partie à la rencontre de Kim, la fondatrice, pour parler de son parcours, de la création de son coffee shop et de l’importance de l’image de marque dans un projet entrepreneurial comme celui-ci.

Le parcours de Kim, fondatrice du coffee shop Cà Phê Kem à Nice
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter et nous raconter ton parcours ?
Je m’appelle Kim, j’ai 38 ans et j’ai ouvert Cà Phê Kem fin octobre. Cela fait donc environ six mois que je suis propriétaire du café. Avant ça, je travaillais dans la data client, dans le marketing.
Mais je viens aussi d’une famille de restaurateurs, donc j’ai toujours eu ce lien avec la restauration.
Comment est née l’idée de créer Cà Phê Kem ?
Depuis longtemps, j’avais envie d’ouvrir un lieu à moi. Quand on grandit dans une famille de restaurateurs, on a toujours cette idée d’avoir un endroit où accueillir sa famille, ses amis et ses clients.
Petit à petit, j’ai commencé à imaginer un menu, une décoration, un concept. À un moment, je me suis rendu compte que j’avais les économies et l’idée en tête, alors je me suis lancée.
Le plus long a été de trouver le local. J’ai cherché pendant un an avant de trouver l’endroit idéal.

Ouvrir un coffee shop à Nice
Pourquoi avoir choisi Nice pour créer ton projet ?
J’habite à Nice depuis quinze ans, donc c’était assez évident. Je voulais simplement ouvrir un lieu près de chez moi, près de l’école de mes enfants.
Je ne me suis jamais vraiment posé la question d’ouvrir ailleurs.
Avant d’ouvrir ton café, avais-tu l’habitude d’aller dans des coffee shops à Nice ?
Pas du tout. J’ai deux enfants, une vie de famille, donc je ne sors quasiment pas. Je ne connaissais presque aucun coffee shop ou restaurant.
Et finalement, c’est peut-être une bonne chose. Si j’avais su combien il y en avait, je ne me serais peut-être jamais lancée.
En ouvrant ton coffee shop à Nice, as-tu senti que les clients étaient particulièrement attentifs à l’esthétique et à l’ambiance du lieu ?
La décoration que j’ai choisie, c’est exactement celle que j’ai chez moi. Je ne l’ai pas faite dans l’objectif de plaire mais parce que c’est un univers qui me parle.
Mais en voyant les retours des clients, les compliments et le fait que les gens aiment rester longtemps, je me rends compte que l’esthétique joue un rôle important. L’ambiance d’un lieu donne envie de s’installer, de rester, de revenir.


Un concept inspiré du Vietnam
Le concept vietnamien était-il évident dès le départ ?
Pas forcément. Au début je pensais plutôt créer un salon de thé.
J’avais aussi un peu peur de ne pas être à la hauteur pour représenter la culture vietnamienne, parce que la culture du café au Vietnam est très ancrée et qualitative. J’avais peur de ne pas réussir à retranscrire ça.
Mais finalement, je me suis rendue compte que je ne pouvais pas faire autre chose que ce que je connais et ce qui me parle vraiment.
Le nom de ton coffee shop est très évocateur. Peux-tu nous expliquer ce que signifie “Cà Phê Kem” et d’où vient ce nom ?
“Cà Phê” signifie tout simplement « café » en vietnamien, et « Kem » veut dire « crème ».
La Kem est une préparation traditionnelle vietnamienne faite avec du lait concentré et de la crème, qui lui donne une texture onctueuse et gourmande.
La version la plus connue est la Kem salée, qui apporte une saveur légèrement caramélisée aux boissons. On la met souvent sur le café.
Au Vietnam, la culture du café est très riche et très créative. La Kem fait vraiment partie de ces petites signatures qui rendent les boissons uniques.
De mon côté, j’ai voulu en faire la signature du lieu, l’utiliser sur différentes boissons et créer plusieurs saveurs comme le pandan ou la coco.

Construire l’identité visuelle d’un coffee shop
Quand on découvre ton café, on remarque tout de suite un univers visuel très identifiable. Était-ce important pour toi ?
Oui, notamment parce que je viens du marketing. J’avais envie qu’il y ait une vraie identité visuelle, quelque chose d’authentique mais aussi identifiable. Je voulais que l’on comprenne rapidement que l’on est dans un univers inspiré d’une autre culture.
Comment as-tu imaginé cet univers visuel ?
J’ai travaillé avec une équipe de designers vietnamiens. Comme j’ai fait une formation au Vietnam, j’ai pu collaborer avec un réseau de designers là-bas.
On a beaucoup réfléchi au logo, aux couleurs et à la manière de représenter l’univers du café. La mascotte s’appelle « Kemoo », un petit nuage qui représente la “Kem”.



L’expérience client au cœur du concept
Lorsque tu as créé ton café, avais-tu déjà en tête l’expérience que tu voulais proposer aux clients ?
Oui, je me suis beaucoup inspirée de ce que j’ai vécu au Vietnam.
Là-bas, le café est un lieu où l’on reste longtemps. On peut prendre un café et rester toute la journée.
Je voulais recréer cette ambiance conviviale. Quand je sers quelqu’un, je veux qu’il se sente comme chez moi. Et qu’il reste comme s’il était chez lui.
Pourquoi avoir choisi un espace aussi ouvert ?
Je ne voulais pas être séparée des clients par un bar ou par une machine à café. Après avoir travaillé derrière un ordinateur pendant des années, j’avais envie de contact humain.
Ici, les clients peuvent me voir préparer leurs boissons, venir me parler et l’échange est direct.
Tes boissons sont très esthétiques. Était-ce volontaire ?
Chaque boisson est préparée avec précision. Ce ne sont pas des préparations rapides : chaque recette est travaillée au gramme près. J’ai fait beaucoup d’essais pour trouver les bonnes saveurs.
J’aime aussi travailler les « couches » dans mes boissons, ce qu’on appelle le layering. C’est à la fois esthétique et intéressant au niveau du goût.


L’impact d’Instagram et du bouche-à-oreille
Les réseaux sociaux ont-ils joué un rôle dans la visibilité du café ?
Oui, clairement. Même si moi je ne suis pas très à l’aise avec les réseaux sociaux.
Je n’ai jamais cherché à devenir virale ou à suivre les tendances. Je voulais rester authentique.
Mais certaines créatrices de contenu sont venues spontanément et leurs publications ont eu un impact énorme.
La première était Solène de « Food de Nice« . Avant sa vidéo, nous avions parfois deux clients par jour. Après sa publication, le café a été rempli.
Je lui suis très reconnaissante parce que ça a vraiment lancé le lieu.

L’importance de l’image de marque dans les coffee shops à Nice
Avec le recul, dirais-tu que l’image de marque est essentielle pour un coffee shop à Nice ?
Oui, parce qu’il faut être identifiable rapidement.
Il y a tellement d’établissements que si ton identité n’est pas claire, les gens mettent plus de temps à comprendre ton concept. Ce qui est important, c’est la cohérence entre l’image, les produits et le lieu.
Et pour la suite ?
Comment imagines-tu l’évolution de Cà Phê Kem dans les prochaines années ?
Pour l’instant, je n’ai pas forcément envie d’ouvrir d’autres établissements ou de développer une franchise. J’aime l’idée que le café reste un lieu à taille humaine.
En revanche, j’ai déjà commencé à développer l’univers du café à travers une gamme de produits « Home Coffee ». L’idée est de permettre aux clients de prolonger l’expérience du café à la maison et de recréer certaines boissons chez eux.
Je propose par exemple la kem et le sirop de pandan « maison », le matcha ou encore le café que j’utilise dans mes recettes.
Les clients peuvent ainsi retrouver les saveurs du café chez eux et recréer leurs boissons préférées.


L’exemple de Cà Phê Kem montre parfaitement que dans une ville comme Nice, l’expérience ne se limite pas à ce qu’on consomme. L’identité visuelle, l’atmosphère et la cohérence d’un lieu jouent un rôle clé dans la manière dont les clients le découvrent, le perçoivent et s’en souviennent.
Avec son inspiration vietnamienne, sa signature autour de la Kem et l’atmosphère conviviale qu’elle a imaginée, Kim a réussi à construire bien plus qu’un simple café : un lieu avec une véritable identité.
Un bel exemple de la manière dont l’image de marque, le produit et l’expérience client peuvent se rejoindre pour créer un lieu singulier et mémorable, et participer à sa réussite.
Venez découvrir l’univers de Cà Phê Kem directement sur place au 25 rue Tonduti de l’Escarène à Nice. Et suivez leur aventure sur Instagram @caphe.kem
Et si vous aussi, vous souhaitez créer une marque unique, identifiable et mémorable, je vous accompagne dans la création d’une identité visuelle forte et cohérente.
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Elise